La tribune
de Nicolas ver Hulst

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L’année 2020 a été particulièrement difficile de par son caractère inédit lié à la pandémie mondiale et ses conséquences sanitaires et économiques. Nous espérons que nos actionnaires et leurs proches n’ont pas eu à trop souffrir de cette situation complexe à bien des égards. Toujours soucieux du bien-être des collaborateurs de Wendel, le Directoire a rapidement pris toutes les mesures nécessaires à la limitation des possibilités de contagion. 

D’un point de vue économique, deux constats s’imposent à l’issue de l’exercice 2020. Le premier est que nous avons traversé une crise planétaire. Cette bourrasque a été particulièrement intense en raison du confinement ; les entreprises ont eu très peu de temps pour s’adapter et les marchés financiers ont décroché beaucoup plus violemment, si on se réfère à la crise précédente des subprimes qui a duré deux ans. La dépression liée à la pandémie a fait chuter le Produit intérieur brut (PIB) français d’environ 8 %, alors que la crise financière de 2007-2008 avait fait reculer le PIB dans la zone euro d’environ 5 % sur deux ans.

Le second constat est que, malgré la puissance de la secousse, Wendel a traversé 2020 avec sérénité. En juillet, nous avons distribué un dividende de 2,80 euros par action, stable par rapport à l’exercice précédent. Nous sommes parmi les rares sociétés françaises à avoir versé un dividende à nos actionnaires l’an dernier. Nous aurions pu faire davantage, comme cela avait été annoncé en début d’année, mais nous avons jugé que le contexte appelait à la modération. 

Bien sûr, nous sommes restés très vigilants. Nous avons réalisé de nombreux tests de résistance et nous avons examiné de façon approfondie la situation de chacune des sociétés du portefeuille en expérimentant les effets d’un ou de plusieurs confinements sévères. Sur nos six participations, trois ont été peu ou pas affectées, et trois d’entre elles ont subi davantage de dommages. Globalement pour le Groupe, l’impact est resté assez modéré et nous ne nous sommes pas trouvés dans l’obligation de financer ces participations. Pourquoi ? Parce que nous étions très bien préparés, et autrement plus forts qu’il y a treize ans. Au cours des derniers mois, le Directoire avait déjà pris beaucoup de décisions courageuses, et le travail de recentrage autour de six sociétés significatives a démontré toute sa pertinence.

Pendant ces trois dernières années, le Groupe a été profondément remodelé. Sa philosophie a évolué. Nous avons tout particulièrement mis l’accent sur le développement de nos sociétés. Cela s’est traduit par le recrutement d’Operating Partners, par un appui très fort de nos équipes aux entreprises du portefeuille, et par le renouvellement des équipes exécutives dans plusieurs sociétés. Juste avant la crise, nous avons aidé nos participations à rétablir leurs grands équilibres financiers. Sur le plan géographique, nous nous sommes recentrés autour de nos trois bureaux : Paris, New York et Luxembourg.

Maintenant, regardons vers l’avenir. Wendel, idéalement, est un Groupe qui vise à rassembler sept à dix participations significatives qu’il pourra conserver sur le long terme, complétées par un petit nombre de sociétés en développement.

Nous voulons rester un investisseur polyvalent et nous nous attachons à mixer des actifs de croissance avec des actifs plus stables. Ainsi, nous travaillons dans l’intérêt des actionnaires en recherchant le meilleur équilibre entre appréciation du cours et distribution d’un dividende. Cette année, un dividende de 2,90 euros par action, en hausse de 3,6 %, sera proposé à nos actionnaires lors de la prochaine Assemblée générale. 

Nous voulons renouer avec l’investissement sur les quatre prochaines années. Nous sommes en quête active d’opportunités pour des montants se situant généralement entre 150 et 500 millions d’euros, que ce soit en Europe ou en Amérique du Nord. Notre ambition est également de renouer avec un cours de Bourse identique à la période d’avant-crise.

Enfin, le modèle de gouvernance de Wendel, avec une claire répartition des rôles entre le Directoire et le Conseil de surveillance s’avère tout à fait moderne. Nous avons décidé de reconnaître le travail accompli et de témoigner toute notre confiance en renouvelant les mandats d’André François-Poncet et de David Darmon. Notre exigence éthique de transparence et nos engagements ESG (Environnement, Social, Gouvernance) sont aussi en phase avec l’époque. Nous sommes des entrepreneurs dont l’ADN et la passion sont de prendre des initiatives, de développer les entreprises pour créer de la valeur au bénéfice de nos actionnaires. Nous sommes des investisseurs expérimentés et engagés, et surtout nous avons des équipes talentueuses pour réussir.

Nicolas ver Hulst
Président du Conseil de surveillance

Crédit : Antoine Doyen

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